Lundi 27 juillet 2026 – 17 heures 15
Sanctuaire du Veilleur de pierre
Place Bellecour – Lyon 2ème
Cérémonie commémorative du 82ème anniversaire de la Fusillade de la Place Bellecour du 27 juillet 1944
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L’ARM fonctionne depuis septembre 1944 grâce au bénévolat et à la générosité de ses adhérents. Mise à disposition de ses réponses puisées dans la dizaine de milliers de dossiers individuels d'internés qu’elle a constituée… reproduction en argentique de photos pour compléments de son fonds de 2800 portraits… impression de publications historiques… réalisations d'expositions... génèrent des coûts d’importance Merci de votre soutien par une cotisation annuelle de solidarité : 25 euros (avec un rescrit fiscal de 66 %)
Les cent derniers jours de Marc Bloch
A l’occasion de l’entrée au Panthéon de Marc Bloch, l’association des rescapés de Montluc, sous la plume experte de Bruno Permezel, spécialiste incontesté de cette période de l’histoire de France en région Rhône-Alpes, vient d’éditer un ouvrage inédit consacré aux « Cent derniers jours de Marc Bloch »
Le lecteur peut ainsi revivre les affres de son arrestation et de son incarcération à la prison de Montluc ainsi que sa sauvage exécution aux côtés de 29 autres internés, le 16 juin 1944 à Saint-Didier de Formans, aux portes de Trévoux.
L’ouvrage est en vente au prix de 15 euros ou de 25 euros par envoi postal. Vous pouvez passez commande en suivant ce lien au prix de 15 €uros l'exemplaire. Vous pouvez choisir l'expédition par voie postale (+ 10 € de frais de port par exemplaire) ou le retrait lors des permanences hebdomadaires aux Archives départementales du Rhône.
Au Mémorial de la prison de Montluc, deux groupes d'élèves accompagnés de leurs professeurs se sont vu décerner le Prix des Rescapés de Montluc 2026, pour leur travail mémoriel accompli au cours de l’année scolaire écoulée. Celui-ci a pris la forme de rédactions de notices biographiques d'une dizaine d’internés incarcérés en 1943 -1944 par la Gestapo de Klaus Barbie.
La classe de 3e du collège Paul-Éluard de Vénissieux s’est penchée sur les parcours d’André-Pierre Maclet, Léon Klotz Lucienne Furbault, Michelle Goldschmidt, Marthe et Walter Kahn et Philippe Savey. Les élèves du collège Laurent-Mourguet d'Écully, ont quant à eux, travaillé sur les parcours de Jeanne Levy-Adler, Aimé Adrien Grandperrier, Maurice Grivaud et Roger Lévy. Tous ont été félicités pour leur travail d'apprentis historiens qui a enrichi leur savoir sur la Seconde guerre mondiale à Lyon et sa région.
Cliché Sylvie Sylvestre
Une délégation de l’association des Rescapés de Montluc et son porte-drapeau ont assisté, sur les lieux où il s’est déroulé, à la commémoration du 82° anniversaire du massacre de Saint-Didier-de-Formans (Ain).
En prélude aux discours du maire de la commune, du président du conseil départemental et du préfet de l’Ain, le président Bruno Permzel a rappelé la portée d’une telle cérémonie, à la mémoire de trente internés de Montluc victimes du fanatisme nazi
Clichés Robert Brero
A l’occasion de l’entrée au Panthéon de Marc Bloch, pour laquelle elle a milité dès 2011, l’association des Rescapés de Montluc a initié la pose d’une plaque commémorative sur son immeuble natal, 66 rue de la Charité à Lyon (2°). Son dévoilement a réuni plus d’une centaine de personnes et s’est déroulé le lundi 15 juin, en présence de nombreuses personnalités dont Mme. Isabelle Rome, ambassadrice de France pour les droits de l’Homme et de Mme Cyndi Léoni, déléguée interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT
Ont, tour à tour, pris la parole :
- M. Serge le Tourneur du Breuil, président du Conseil syndical du 66 rue de la Charité
- M. Bruno Permezel, président de l’association des rescapés de Montluc
- Mme Véronique Déchamps, conseillère régionale représentant le président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes
- M. Grégory Doucet, maire de Lyon
- M. Etienne Guyot, préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfet du Rhône
Télécharger le discours de M. Bruno Permezel
ou le lire ci-dessous
DISCOURS DE MONSIEUR BRUNO PERMEZEL
Discours de Monsieur Bruno Permezel, Président de l’association des rescapés de Montluc
Monsieur le préfet de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, préfet du Rhône ;
Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités ;
Monsieur le préfet de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, préfet du Rhône ;
Mesdames et Messieurs, en vos fonctions, grades et qualités ;
Au deuxième étage de cet immeuble, l’historien résistant Marc
Léopold Benjamin Bloch a vu le jour il y aura cent quarante ans le 6 juillet à venir.
D’ascendance lyonnaise, il l’était par sa mère Sara Ebstein, elle aussi née dans la Presqu’île (rue Thomassin). Lyonnais, Marc Bloch le redeviendra pendant les derniers mois de son existence, vécus dans la clandestinité de la Résistance. Avec presque soixante-deux ans d’intervalle (13 décembre 1964 – 23 juin 2026), dans huit jours le détenu de la cellule 75 de la prison de Montluc – l’inconnu 14 du massacre de Saint-Didier-de-Formans – rejoindra symboliquement, au côté de son épouse Simonne Vidal, Jean Moulin, dans la crypte du Panthéon.
Dès lors, sa mémoire s’exposera à proximité de celle de son chef inconnu de l’armée des Ombres, en juin 1943 éphémère passager de la cellule 130 de Montluc. Ainsi, avec deux majuscules, le 23 juin 2026 l’Histoire ralliera la Mémoire au sein du temple laïque de la République.
Hauts serviteurs de l’État, Marc Bloch et Jean Moulin ont affronté la même infamie : la révocation de la Fonction publique par décision du gouvernement français, dit Gouvernement de Vichy. L’universitaire de renom l’a subie le 13 octobre 1940 comme coupable de son ascendance au regard de l’antisémite et tragique statut des juifs mis en œuvre dix jours auparavant à la seule initiative du Gouvernement de Vichy.
Le jeune préfet d’Eure-et-Loir l’a subie par ce même gouvernement le 2 novembre suivant, pour avoir refusé de valider un document mensonger, raciste, exigé par l’ennemi. « Honneur et Patrie », l’un, l’autre, à quelques mois de différence, vont entrer en résistance contre le Troisième Reich, contre les acteurs de la Collaboration. Avec quatorze années d’écart, le deuxième arrondissement de Lyon a aussi été le 29 juin 1900 celui de naissance d’Antoine de Saint-
Exupéry (8, rue du Peyrat). L’historien résistant est né à proximité du Rhône, l’aviateur écrivain à quelques mètres de la Saône.
Confluence de leur destin, par la mitraille allemande, avec quarante-cinq jours de différence, l’aîné a péri massacré parmi vingt-neuf compagnons de Montluc à Saint-Didier-de-Formans, le cadet, solitairement, abattu en vol au-dessus de la Méditerranée, au large de Marseille. Successivement, Jean Moulin, Marc Bloch, Antoine de Saint-Exupéry, au combat contre les forces d’occupation sont « morts pour la France », pour que vive libre leur patrie.
Professeur d’histoire-géographie en lycée, adjudant, lieutenant puis capitaine de la Première Guerre mondiale, initiateur du rapprochement des historiographies allemande et française, universitaire de renommée internationale, en rupture avec l’histoire historisante, en rupture avec l’histoire-bataille, précurseur de l’enseignement de l’Histoire sur le temps long, pionnier, avec Lucien Febvre, de l’histoire économique et sociale, capitaine de réserve âgé de 53 ans, à sa demande mobilisé en août 1939, combattant volontaire de la Résistance dans les rangs de Franc-Tireur, représentant du mouvement au comité directeur des Mouvements unis de Résistance, « bon patriote et le moins chauvin des hommes », ainsi il se définit, Marc Bloch peut à tous ces titres dresser ce constat : « Dix tonnes de réalisme ne font pas une tonne de vérité, dix mille tonnes d’avions et de tanks ne suffisent pas à transformer un message en vérité »
Considérant que « le passé a beau ne pas commander le présent tout entier », le professeur d’histoire estime que, « sans lui, le présent devient inintelligible » Impliqué dans la marche de son temps, en 1936 l’homme de gauche salue « l’élan des masses vers l’espoir d’un monde meilleur » Observateur de la société française, le chercheur porte ce regard critique sur ce travers national : « Nous jugeons beaucoup trop. Il est commode de crier : « Au poteau ! » Nous ne comprenons jamais assez » - « Il est sain que dans un pays libre les philosophies sociales se combattent librement » - « Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise » - « Il faut se remettre à l’école de la vraie liberté »
Le 1er juin 1915, vingt-neuf ans avant son martyre, l’adjudant Marc Bloch avait adressé sa lettre d’adieu à ses proches. Alors restée sans objet, elle prend tout son sens le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans : « […] Je suis mort volontairement pour une cause que j’aimais ; j’ai fait en partant le sacrifice de moi-même ; c’est la plus belle des fins. […] Moi, je suis mort sûr de la victoire, et heureux – oui, vraiment, je le dis dans toute la sincérité de mon âme – de verser mon sang ainsi ». Lyonnais à différents titres, contrairement à l’auteur du Petit Prince, l’auteur de L’Étrange défaite ne figure pas sur le Mur des Lyonnais, grande fresque murale en trompe-l’œil qui, en bord de Saône, rend hommage à trente Lyonnais, réels ou fictifs. Assurément, une absence à réparer.
En fin de son testament spirituel daté du 18 mars 1941, Marc Bloch a demandé à ses proches d’organiser la tenue de ses obsèques, « purement civiles ». Il a souhaité au cours de la cérémonie, « s’il a été possible de s’en procurer les textes » –, la lecture de ses citations militaires. Alors qu’il est victime des mesures d’exclusion antisémites mises en œuvre par le Gouvernement de Vichy, le capitaine Marc Bloch est cité à l’ordre de son régiment le 20 juillet 1942 par le général Dentz, président de la commission d’octroi des récompenses de la guerre 1939-1940. Faute de temps, seulement des extraits de ses citations vont être lus par Séverine Mérat, secrétaire générale de l’Association des rescapés de Montluc, puis par Charlotte Bognon, benjamine des adhérents de l’Association.
- Le 19 janvier 1915, citation de Marc Bloch à l’ordre du jour de la 250ème brigade du 272ème régiment d’infanterie : « A conduit sa section de façon très énergique et a montré le plus grand mépris du danger »
- Le 3 avril 1916, citation de Marc Bloch à l’ordre du jour de la 250ème brigade du 272ème régiment d’infanterie : « Excellent chef de section qui a déjà été cité à l’ordre de la brigade. Est toujours prêt à marcher volontairement lorsqu’il s’agit d’une mission dangereuse »
- Le 17 novembre 1917, citation de Marc Bloch à l’ordre de 87ème division : « Excellent officier de renseignements. Au cours des dernières opérations d’octobre 1917, a assuré avec intelligence, avec une inlassable activité et une très grande bravoure, le service d’observation dans le secteur de la division. A fourni au commandement des renseignements précieux sur la physionomie du combat »
- Le 6 juillet 1918, citation de Marc Bloch à l’ordre de la 87ème division : « Officier remarquable, tant par les sentiments élevés qui l’animent, que par la haute compétence dont il a fait preuve dans ses fonctions d’officier de renseignements. A donné, en outre, un bel exemple de crânerie et de froide résolution dans l’accomplissement de ses missions »
- Le 20 juillet 1942, citation du capitaine Marc Bloch de l’état-major de la 1ère armée : « Malgré son âge et ses six enfants, a tenu à servir aux Armées. Dans les situations les plus critiques et les plus compliquées, a mené à bien sa mission, montrant en particulier un complet mépris du danger ».
"Une vie ne vaut rien, rien ne vaut une vie", observait André Malraux . Ce jour, ne pas associer à cet hommage ses vingt - neuf compagnons de martyre serait faire offense au parcours de vie de Marc Bloch.
Depuis 1994, l'Association Saint - Didier commune rurale - Nature et Patrimoine n'a de cesse d'entretenir, de promouvoir avec ardeur la mémoire des trente internés à Montluc massacrés sur le territoire de sa commune. Successivement, Françoise Duvillard - sa présidente, Éliane Bayol et Olivier Pepe, membres actifs de l'Association, vont succinctement faire mémoire des 29 autres martyrs du 16 juin 1944 .
Charles Louis PERRIN, marié, 1 fils - F.T.P.F. - Alias : OLIDA, VAUBAN, MAGNE. A la déclaration de guerre, il est tourneur en robinetterie à Mâcon. Devient, en mai 1944, commissaire à l’organisation de l'inter-région. Né le 26/08/1910 à Épinal (Vosges). Grièvement blessé, laissé pour mort après la fusillade de Roussille, il décède le 10/03/1975 à Villeurbanne (Rhône).
Jean-Baptiste CRESPO - 36 ans - Marié, 2 enfants - F.T.P.F. - Alias : PALISSY, DENIS. Jean-Baptiste Crespo a commencé à travailler comme apprenti maçon puis s'est installé en 1939 à son compte comme maçon. Né le 22/08/1907 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Grièvement blessé, laissé pour mort après la fusillade de Roussille, il décède le 17 avril 1948 des suites de ses blessures.
Louis Auguste ADAM - 41 ans - Marié, sans enfant - F.T.P.F. Né le 09/01/1903 à Cherbourg (Manche)Louis Adam est aveugle. Il exploite à Villeurbanne un petit atelier de fabrication de brosses et est militant du Parti communiste français. Agent des F.T.P. il met son appartement à disposition de l’Organisation pour des réunions de l’état-major régional. Un dépôt d’armes y est installé. Son épouse Marguerite est déportée en Allemagne. Elle meurt le 04/06/1945 à Hambourg.
Marcel Louis BAC - 48 ans - Marié, 1 enfant - RÉSEAU PHRATRIE. Né le 13/07/1896 à Loriol (Drôme). Ancien radio de la Marine, Marcel Bac exerce la profession de radioélectricien. Agent du Réseau Phratrie, il diffuse des messages radio à destination de Londres et en reçoit.
Martin Joseph BERTOLINO - 35 ans - Divorcé, 2 enfants. Né le 17/03/1909 à Ivrea (Italie). Martin Bertolino exerce la profession de luthier. Il demeure 14, rue Basse-Combalot à Lyon, à la même adresse qu'Armand Cachon. Arrêté, il est interné à la prison Montluc de Lyon.
Lucien Alexandre Emile BONNET - 34 ans - Marié, 1 fille (âgée de 8 mois) - ARMÉE SECRÈTE - Alias : BONALD, DUNOIR, CHEVRIER, GILBERT. Né le 15/03/1910 à Béziers (Hérault). Docteur en droit, il a été avocat à la cour d’appel de Montpellier puis Contrôleur des Contributions directes à Chalon-sur-Saône, à Mâcon et à Lyon. Mobilisé en août 1939, puis blessé, il est trépané de la face en mai 1940. De retour à la vie civile en août 1940, il reprend son poste de contrôleur. Agent de la Résistance depuis mars 1942 puis promu adjoint au chef régional du Service Maquis en août, il démissionne de la fonction publique en août 1942. En fin d’année 1943, Charles Mohler ayant été arrêté à Paris, il lui succède comme chefrégional du Vème Bureau de l’Armée secrète
Marc René BOUREAU - 38 ans - Marié, sans enfant - RÉSEAU KLÉBER. Né le 03/01/1906 à Paris (VIIIe). À la déclaration de guerre, Marc Boureau est capitaine au 6ème Régiment d’Artillerie de la Doua, à Villeurbanne. Commandant de batterie, il est fait prisonnier par les Allemands en juin 1940. Il réussit à s’évader de Silésie dans des conditions particulièrement difficiles. Il est décoré de la Croix de guerre. Rapidement agent de la Résistance, il œuvre dans le cadre du Service renseignement du Réseau Kléber.
Armand CACHON, dit Mimi - 19 ans – Célibataire - FRONT NATIONAL. Né le 09/06/1925 à Chavanoz (Isère). Armand Eugène Joseph Cachon est membre des Groupes mobiles de réserve, compagnies de sécurité mises en place par le gouvernement de Vichy pour combattre la Résistance. Ayant été recruté comme agent du Front national (organisation de la Résistance sans rapport avec celle qui, actuellement, a repris l’appellation), il se fait porter malade pour éviter sa participation à des opérations dirigées contre le Maquis.
Louis Eugène CÉZARD - 20 ans – Célibataire - ARMÉE SECRÈTE, RÉSEAU COSMO-BUCKMASTER - Alias : Louis COFFRANT. Né le 27/04/1924 à Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône). Louis Cézard a passé son bac au Lycée du Parc à Lyon, en 1942, et il est élève en classe préparatoire à l’examen d’entrée à l’Ecole de Saint Cyr. Agent de la Résistance à partir du mois de novembre 1942, il participe à des missions de réception de parachutage et de transport d’armes, puis rejoint un maquis du sud- Vercors. Recruté par son père, il devient ensuite agent du Réseau Cosmo-Buckmaster. Il a en charge des émissions de radio et du déchiffrage
Joseph CHWALSKI - 19 ans – Célibataire - Réseau P.O.W.N.- MONIKA - Alias : CHLOPAK. Né le 12/04/1925 à Roche-la-Molière (Loire). Joseph Chwalski est mineur de fond. Agent du Réseau polonais POWN - Monika depuis la mi-1943, il œuvre avec sa mère et sous les ordres du chef de groupe Zrdrojewski. Le 26/04/1944 à 5 heures du matin, il est arrêté par la Gestapo à son domicile au cours d’une émission radio, en même temps qu’un autre résistant polonais et que les deux frères Roche. Conduit à Lyon, il est interné à la prison Montluc de Lyon.
Marcel CLOUET - 33 ans – Célibataire - F.T.P.F. - Alias : BRAS DE BOIS, VIAL. Né le 30/05/1911 à Toulouse (Haute-Garonne). Militant du Parti communiste français, il a été élu au comité central. Mobilisé en 1939, il perd son bras droit en 1940 dans les Ardennes, est fait prisonnier par les Allemands, puis est rapatrié. Il prend part aux actions des Maquis de Provence, se rendant souvent à Lyon. Après son intégration aux FTP en qualité de commissaire aux effectifs de la 1ère subdivision, il est envoyé à Lyon où, à la suite du Débarquement, l’état-major FTP se réunit.
Francis Aimé Paul DAVSO - 31 ans – Célibataire - F.T.P.F. - Alias : MERLE, MAIRE. Né le 20/11/1912 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Francis Davso est descendant d'une famille lithuanienne. Il a été étalagiste Aux Dames de France à Paris. Militant du Parti communiste français depuis 1936, il a mené une action syndicale parmi les employés des grands magasins. Dans les rangs des F.T.P., il intervient dans les Alpes-Maritimes, à Lyon et dans la région. Commissaire aux effectifs de l’inter-région H1 -FTP, il est arrêté le 15/05/1944 à Caluire en même temps que les membres de l'état-major FTP, puis détenu à la prison Montluc de Lyon.
Georges Joseph FURBY - 20 ans – Célibataire - RÉSEAU PHRATRIE - Alias : GABRIEL. Né le 09/01/1923 à Lyon (Rhône) .Dessinateur en bâtiment à Lyon, il habite avec sa famille 32, rue des Aqueducs. Comme son frère Jean et sa sœur Claudette, il œuvre pour la Résistance. Dans les rangs du Réseau Phratrie depuis le mois d'avril 1 944, il est radio et agent de liaison permanent.
Marius GAYET - 39 ans - Veuf, 2 enfants - F.T.P. - Alias : FERNAND. Né le 12/01/1905 à Pontcharra (Isère)Agent de la SNCF, Marius Gayet habite Chambéry. Pour avoir caché un résistant, il est condamné à dix-huit mois de prison. Dans les rangs des FTP, il a en charge l’intendance.
Hector ISABELLA - 31 ans – Marié - F.T.P.F. Né le 21/06/1912 à Veigy-Foncenex (Haute-Savoie). Hector Isabella est plâtrier peintre. Agent de la Résistance, il se spécialise dans la fabrication et la diffusion de tracts en Haute-Savoie. Il est appelé à l'inter-région lyonnaise FTP pour apporter son aide au Service matériel. Il occupe différentes responsabilités, notamment dans le domaine des sections de combat et dans celui de l’approvisionnement en matériel de guerre.
Francisque Marius JOMARD - 36 ans – Célibataire - F.T.P.F. - Alias : VALBONNE, MERCADIER. Né le 27/03/1908 à L'Arbresle (Rhône)Ouvrier qualifié en ébénisterie. Militant, il a œuvré dans les rangs de la C.G.T. et du Parti communiste français. Il est promu en janvier 1943 membre de l'état-major F.T.P. de l'inter-région lyonnaise
Etienne Pierre MIGNARD - 47 ans - Marié, 2 enfants - RÉSISTANCE FER. Né le 20/03/1897 à Saint-Symphorien-de-Lay (Loire). Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, Étienne Mignard est titulaire de la Croix de guerre et de la Médaille militaire. Sous-chef de gare à Lyon-Perrache, il habite Cours Charlemagne. Agent de renseignement depuis juin 1943, il œuvre, à partir de mars 1944, dans les rangs de Résistance Fer.
Antoni PUCILOWSKI - 30 ans – Célibataire - Armée Polonaise exilée à Londres - Ex inconnu n° 4. Né le 8/09/1914 à Poniatowicze (Pologne). Employé des chemins de fer polonais, il est mobilisé lors de l’invasion de la Pologne par l’Allemagne et affecté dans une compagnie de transmissions. Le 23/09/1939, il est capturé par les Allemands et envoyé au Stalag IV-A dont il s’évade en avril 1940. Repris, il est emprisonné dans une compagnie disciplinaire du camps VI-B puis dans un bataillon disciplinaire dont il s’évade le 15/06/1941. Repris, il est interné au Stalag VI D à Dortmund d’où il s’évade définitivement le 20 avril 1942. Il atteint l’Espagne en passant par la Hollande, la Belgique et la France. Il rejoint Gibraltar et embarque pour la Grande-Bretagne où il arrive le 06 octobre 1942. Il est incorporé dans l’armée polonaise exilée à Londres. Antoni devient opérateur radio du SOE (Special Operations Executive). Il est parachuté en France dans la nuit du 22 au 23 juillet 1943.
Le 26/04/1944, des policiers allemands investissent la ferme depuis laquelle il est en train d’émettre. Le dernier message d’Antoni Pucilowski est : « Les Allemands sont là. Codes brûlés. Vive la Pologne ! Vive la France ! »
Maurice Eugène RIBAUD - 21 ans - Célibataire. Né le 26/10/1923 à Lyon (Rhône). Réfractaire aux Chantiers de jeunesse, Maurice Ribaud exerce la profession de mécanicien. Il habite Chassieu. Arrêté le 13/05/1944 par la Gestapo, il est interné à la prison Montluc de Lyon.
Jean-Marie ROCHE - 41 ans - Célibataire. Né le 14/2/1903 à Retournac (Haute-Loire). Jean-Marie ROCHE est mineur de fond à Roche-la-Molière (Loire). Comme son frère Mathieu, sans appartenance à la Résistance, il est arrêté le 26/04/1944 par la Gestapo, en même temps que leur voisin Joseph Chwalski. Il est interné à la prison Montluc de Lyon.
Fabien ROUSSEL - 43 ans - Divorcé, 1 fils (décédé en septembre 1942) - RÉSISTANCE FER. Né le 13/04/1901 à Grigny (Rhône). Cheminot, il milite à la C.G.T et fait partie du Comité Amsterdam-Pleyel (Mouvement pacifiste). En poste à la gare de Lyon-Vaise, il rejoint les rangs de Résistance Fer au début de l’année 1944.
Félix Alexis VEYRIER - 43 ans - Veuf, 2 enfants - F.T.P.F. Né le 22/10/1900 à Taulignan (Drôme)Jardinier dans une entreprise de cartonnage, Félix Veyrier habite rue de la Vendée à Taulignan (Drôme). Agent des F.T.P., il est arrêté pour fait de Résistance le 12/06/1944 à 9 heures du matin à Taulignan.
Valentin WALUS – 45 ans – Célibataire - Ex inconnu n° 16. Né le 8/02/1899 à Zawodzie (Pologne). Valentin Walus émigre en France en 1922 et s’installe à Saint-. Etienne en 1932 puis ouvre une charcuterie avec Tadeusz Sobkowicz. Pendant la guerre, Tadeusz appartient au réseau de résistance polonaise POWN Monica. La boutique de Valentin et Tadeusz à Roche-la-Molière est régulièrement utilisée par le réseau POWN Monica. La Gestapo vient le 27/04/1944 à la boutique dans le cadre d’une rafle tendant à démanteler le réseau de résistance. Valentin Walus, seul présent, est arrêté et emmené à Saint-Etienne. Valentin est transféré à la prison de Montluc le 28/04/1944 et détenu dans le bâtiment appelé «Magasin».
Antoine ZENESINI, dit Oreste Zenesini - 26 ans – Célibataire - LE COQ ENCHAÎNÉ. Né le 08/06/1918 à Pegognone (Italie). Oreste Zenesini habite Chassieu et a été naturalisé français par décret du 18/02/1937. Agent du Mouvement de Résistance le Coq enchaîné, il est arrêté par la Gestapo le 17/05/1944 à Vaulx-en-Velin puis interné à la prison Montluc de Lyon.
Et deux inconnus…..
L’assemblée générale annuelle de l’association des Rescapés de Montluc s’est tenue dans les locaux des archives départementales du Rhône généreusement mis à disposition par son directeur M. Bruno Galland.
Le président Bruno Permezel a présenté le rapport moral et d’activités de l’année écoulée avant que Mme Christine Calas, trésorière de l’association, dresse le bilan financier du dernier exercice. L’ensemble des rapports a été adopté à l’unanimité.
Diverses prises de paroles se sont succédées dont celles de M. Jean-Jacques Brun, vice-président du conseil départemental du Rhône et de M. Jean-Louis Lozier rendant compte de l’activité de l’antenne parisienne de l’association.
Clichés Robert Brero
Le 82e anniversaire de l’arrestation de Marc Bloch a été marqué par une cérémonie au monument de Roussille à Saint-Didier-de-Formans, à laquelle l’association des Rescapés de Montluc était représentée par son président Bruno Permezel.
Madame Françoise Duvillard, présidente de l’Association Saint-Didier Nature et Patrimoine, a évoqué les circonstances de l’exécution de Marc Bloch et de 29 autres internés de la prison de Montluc appelés « sans bagages », le 16 juin 1944, vers 20 heures.
DISCOURS DE MADAME FRANÇOISE DUVILLARD., PRÉSIDENTE DE L'ASSOCIATION SAINT - DIDIER NATURE ET PATRIMOINE
DISCOURS DE MADAME FRANÇOISE DUVILLARD., PRÉSIDENTE DE L'ASSOCIATION SAINT - DIDIER NATURE ET PATRIMOINE
Soirée du 16 juin 1944, il tombe une pluie fine : vers 20h, 30 détenus de la prison de Monluc, dont Marc Bloch, sont tirés de leur cellule, 30 appelés « sans bagages » qui ne réintègreront jamais leur prison. Ces malheureux, âgés de 19 à 57 ans sont représentatifs de la population des prisonniers de Montluc : il y a des raflés, comme les frères Roche, Jean-Marie et Mathieu, arrêtés arbitrairement lors de l’interpellation de Joseph Chwalski, agent d’un réseau polonais, des résistants qui avaient des responsabilités plus ou moins importantes dans différents réseaux, comme Marc Bloch, Charles Perrin, Lucien Bonnet ou Jean-Baptiste Crespo.
Les Allemands les font monter dans une camionnette, où ils sont entassés, enchaînés deux par deux et surveillés par quatre allemands dont les mitraillettes sont braquées sur eux. La camionnette est précédée et suivie par deux tractions avant où ont pris place les tueurs. Après un arrêt dans la cour du bâtiment de la Gestapo à Bellecour, ils reprennent la route pour s’arrêter là où nous sommes aujourd’hui, sur cette route qui, à l’époque était bordées de haies assez hautes et de barbelés.
Pourquoi cet endroit précisément ? Une des hypothèses est celle d’une embuscade tendue quelques jours auparavant par la résistance qui aurait barré la route avec des arbres abattus.
Dès leur arrivée, on les fait descendre les uns après les autres, par groupes de 2 ou 3, on leur enlève leurs menottes, on les pousse dans le pré, derrière vous, où les attendent leurs bourreaux. Dès leur entrée dans le pré, ils sont mitraillés et ainsi de suite jusqu’au dernier. Imaginons l’horreur de la scène : tandis que les uns tombent sous les balles allemandes, leurs compagnons qui entendent la pétarade des mitraillettes, attendent leur tour dans l’angoisse.
Après le coup de grâce, les allemands reprennent la route et laissent les cadavres étendus dans le pré.
L’un d’entre eux, Francis Davso a essayé de leur échapper en courant en direction du fond du pré. En vain, il court sur 100m environ mais est arrêté pat les barbelés contre lesquels il est cloué par les rafales de mitraillettes qui s’abattent sur lui.
Deux autres, Charles Perrin et Jean-Baptiste Crespo échappent miraculeusement au massacre. Après le départ des allemands, ils arrivent à se redresser malgré leurs blessures. Charles Perrin court vers le fond du pré en direction de la rivière, qu’il traverse et rejoint une première ferme, (la ferme Gautier) où la fermière lui donne un verre de marc et lui dit d’aller à Trévoux chercher du secours. Mais il ne peut pas et est recueilli par une autre famille les Movet, des réfugiés : Madame Movet se précipite au village jusque chez l’instituteur Monsieur Pouvaret, pour chercher de quoi le soigner. Il passe la nuit dans une grange sur un lit de paille avant d’être pris en charge par la résistance à Trévoux qui l’évacue le surlendemain du drame.
Jean-Baptiste Crespo, lui, a fait un fait un plus long chemin : il est monté jusqu’au Vieux Bourg et a dû frapper à 7 portes pour qu’on lui porte enfin secours : la septième fut la bonne. Il fut recueilli, mourant, par la famille Vignat, qui le lendemain fit venir un médecin qui lui donna les premiers soins, avant de le transporter elle-même dans sa charrette, le 18 juin, chez une famille de résistants, les Pozet, qui prirent soin de lui.
Charles Perrin est mort en 1975 à Villeurbanne et Jean-Baptiste Crespo en 1948 à Marseille.
Revenons à la nuit du massacre : les malheureux resteront la nuit dans le pré et le matin du 17 juin, le Maire Monsieur Antoine Colas, secondé par Monsieur Marcel Pouvaret, instituteur et secrétaire de Mairie (ultérieurement Président du Comité local de Libération) se rendent sur les lieux, accompagnés par les gendarmes qui procèdent au premier constat.
Puis les corps sont transportés par quelques habitants dans l’entrepôt du moulin Reuther, où ils sont lavés, habillés proprement. Puis la police judiciaire de Lyon procède au relevé des signalements pour identification. Ils sont déclarés inconnus car leurs papiers d’identité leur avaient été enlevés
Monsieur Pouvaret prend des photos pour aider les familles à les identifier. Puis les corps sont mis en bière.
Monsieur Pouvaret recueille aussi dans des boîtes distinctes les objets personnels des victimes pour faciliter leur identification par les familles.
Marc Bloch sera ainsi reconnu par ses lunettes et un morceau de tissu.
Le 18 juin à 15h le village de Saint-Didier donne une première sépulture aux fusillés. La foule est nombreuse pour accompagner les charrettes qui transportent les corps, précédées par le garde champêtre, le maire et l’instituteur.
A la demande du maire, les jeunes du village aidés par des adultes avaient creusé une grande fosse dans le cimetière de Saint-Didier : on y dépose les 28 dépouilles, séparément, en 28 sépultures. L’Abbé Arnaud, curé de Sainte Euphémie et desservant de Saint-Didier, récite les prières liturgiques.
Grâce aux témoignages de Charles Perrin et Jean-Baptiste Crespo, et aux photos de Monsieur Pouvaret, certaines victimes ont pu être identifiées très vite, d’autres plus tardivement. Les familles ont ainsi pu récupérer leurs dépouilles.
Antoni Pucilowski a été officiellement identifié seulement le 15 novembre 2015 et Valentin Walus, le 30 octobre 2018. Leurs noms figurent désormais sur la stèle à gauche du monument au-dessus des noms de Charles Perrin et Jean-Baptiste Crespo.
Le 18 septembre 1975, ont été exhumées les six dernières dépouilles : celles des inconnus n°20 et 24, d’Antoni Pucilowski et Valentin Walus qui n’étaient pas encore identifiés, celle de Louis Adam et de Marc Bloch. Ce dernier a été inhumé au Bourg d’Hem, dans la Creuse et les 5 autres à la nécropole nationale de la Doua.
Notre village a été très fortement marqué par ce drame qui fait partie de son histoire. Tous les 16 juin Saint-Didier commémore les martyrs de Roussille.
Les premières cérémonies ont eu lieu dès le mois de septembre 1944 : le 4 septembre, au lendemain de la libération de Trévoux, le conseil municipal de Trévoux est venu déposer une gerbe devant les tombes. Une semaine plus tard, la commune de Saint Didier et ses habitants déposaient à leur tour des gerbes devant les tombes des fusillés.
Le 11 novembre 1944 s’est déroulée une cérémonie plus officielle, avec de nombreuses personnalités dont Charles Perrin qui avait pu se déplacer. Là encore les habitants de Saint-Didier étaient venus en nombre. Une plaque posée sur un trépied avait été déposée dans le pré de Roussille, ici-même portant l’inscription : « Ici sont tombés, le 16 juin 1944, 28 patriotes assassinés par l’ennemi ».
Le 16 juin 1945, pour le premier anniversaire du massacre, un premier cénotaphe est dressé dans le pré de Roussille. La cérémonie est présidée par le Maire de Lyon Edouard Herriot. Près de 7 000 personnes participent à cette première commémoration. Tout le village de Saint-Didier est à nouveau réuni pour célébrer les fusillés. Monsieur Pouvaret fait un long discours dans lequel il rend hommage à chacun des 28 martyrs.
Enfin le 16 juin 1946, le monument que vous avez sous les yeux est inauguré, en présence d’Yves Farges, Commissaire du gouvernement. Dès le 21 janvier 1945, le maire Antoine Colas avait lancé une souscription pour l’édification de ce monument, qui comporte une sculpture en bas-relief d’André Tajana.
Dès lors, chaque 16 juin le village de Saint-Didier commémore les fusillés de Roussille avec des temps forts, 1994, 2004, 2014, 2024.
Pour terminer, cette évocation je voudrais associer à l’hommage que vous rendez aujourd’hui à ces hommes, qui ont donné leurs vies pour que nous puissions vivre libres, et en particulier à Marc Bloch, le nom de celle qui a toujours été à ses côtés, Simonne Vidal Bloch, qui lui donna 6 enfants et le soutint dans son action de résistant. En 1941, la famille s’installa à Montpellier, mais lors de l’invasion de la zone libre par les allemands fin 1942, Marc Bloch rejoignit la Résistance à Lyon. Sans nouvelles de lui après son arrestation le 8 mars 1944, Simonne se rendit à Lyon avec sa fille Alice. Atteinte d’un cancer, elle fut hospitalisée- sous une fausse identité - et mourut le 2 juillet 1944, à la suite d’une intervention chirurgicale, sans savoir que son époux avait été fusillé 15 jours plus tôt. Elle fut enterrée dans une fosse commune. Seule une plaque à son nom est apposée sur le caveau familial au bourg d’Hem.
Tous les deux entreront au Panthéon le 23 juin prochain.











